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Article, Septembre 1999
Voir aussi Folia de août 05, déc 02

Médicaments contre la toux chez l’ enfant

Le médecin généraliste est fréquemment consulté pour un enfant qui tousse. Il est important de rechercher l' origine de la toux car celle-ci ne constitue pas nécessairement l' objectif du traitement. La cause la plus fréquente d' une toux est probablement une infection virale des voies respiratoires supérieures. Chez les enfants présentant une toux persistante la nuit ou à l' effort, il y a lieu de songer à une affection chronique comme l' asthme ou d' autres affections atopiques, à la mucoviscidose ou à l' inhalation d' un corps étranger. Après une infection des voies respiratoires supérieures, la toux peut persister longtemps si bien qu' une cause sous- jacente est rarement diagnostiquée. La toux est parfois associée à une infection persistante, l' enfant expectore dans ce cas des glaires purulentes; elle peut aussi devenir parfois une simple habitude.

En l' absence d' une cause spécifique, un traitement ne s' avère le plus souvent pas nécessaire. Le fait de rassurer les parents et de leur fournir des informations adéquates est souvent suffisant. Une raison valable de donner quand-même un antitussif à un enfant est la toux sèche gênante ou douloureuse, ou encore lorsque la force de la toux est telle qu' elle perturbe le sommeil.

Un grand nombre de médicaments, qui sont de délivrance libre, sont proposés pour le traitement de la toux; ils contiennent souvent plusieurs composants. Les plus fréquents sont les antihistaminiques (p.e. la chlorphénamine), les antitussifs, les expectorants (p.e. la guaifénésine), les vasoconstricteurs (p.e. l' éphédrine, la phénylpropanolamine).


Etudes cliniques

La plupart des études cliniques concernent des spécialités qui ne sont plus sur le marché. Cependant, nombre de leurs composants se retrouvent, sous diverses associations, dans les préparations utilisées actuellement. Les difficultés rencontrées dans ces études sont la mesure objective des symptômes, principalement chez l' enfant, et la classification des différents types de toux.

Bien que la codéine soit efficace contre la toux chez l' adulte, il n' existe que peu voire pas de preuves d' efficacité chez l' enfant. De plus, les doses pédiatriques ont été extrapolées de celles de l' adulte, sans tenir compte des différences possibles en ce qui concerne le métabolisme ou les effets indésirables propres à l' enfant. Au total, cinq études contrôlées par placebo et deux sans placebo, portant sur l' emploi de médicaments contre la toux chez l' enfant ont été retrouvées. Dans quatre des études contrôlées par placebo, il s' agissait d' associations; une étude portait sur une préparation contenant un seul principe actif à savoir un antihistaminique H1, Dans aucune des études contrôlées par placebo, il n' a été clairement démontré que le médicament était plus efficace que le placebo.


Effets indésirables

Les antitussifs ne sont pas exempts d' effets indésirables et le risque d' intoxication est réel. Les données relatives à 430 enfants victimes d' une intoxication aiguë à la codéine ont été rassemblées (234 enfants avaient pris plus de 5 mg/kg de poids). Huit de ceux-ci ont présenté une dépression respiratoire ayant nécessité une intubation et une ventilation mécanique. Les autres présentaient au moins un des symptômes suivants: somnolence, ataxie, myosis, vomissements, éruption cutanée, oedème ou démangeaisons. Les enfants qui ont pris plus de 2 mg/kg de codéine doivent être suivis de près. La codéine peut également causer de l' hyperactivité et de la constipation.

D' autres effets indésirables importants rapportés avec des médicaments contre la toux et le refroidissement banal sont notamment des hallucinations visuelles avec la pseudo-éphédrine et la triprolidine, de la dystonie avec une préparation à base de dextrométhorphane et de phénylpropanolamine, des troubles du comportement tels agitation et hyperactivité avec une préparation à base de phénylpropanolamine et de chlorphénamine. Toutes ces réactions ont été constatées à la posologie recommandée. Le dextrométhorphane peut en outre être à l' origine d' un comportement hyperactif et de somnolence, et en cas de surdosage mener à une dépression respiratoire.


Conclusion

Il faut toujours s' efforcer de rechercher la cause de la toux chez l' enfant. Celle-ci est généralement due à une infection virale des voies respiratoires supérieures, et un antitussif ne s' avère pas nécessaire dans la plupart des cas. Il n' est pas clairement établi que l' une ou l' autre spécialité soit plus efficace qu' un placebo chez l' enfant. Les préparations contenant plusieurs substances en association fixe n' ont certainement aucune place dans cette indication.

D' après

Note de la rédaction

  • Les directives suivantes peuvent être données concernant l' emploi d' antitussifs chez l' enfant. Celles-ci figurent également dans le Répertoire Commenté des Médicaments.
    • Chez l' enfant de moins d' un an, l' emploi d' antitussifs est contre-indiqué.
    • Chez l' enfant entre 1 et 2 ans, l' emploi d' antitussifs doit être exceptionnel et ne peut se faire qu' après avis médical. Les dérivés phénothiaziniques, le dextrométhorphane et la noscapine sont formellement contre-indiqués avant l' âge de 2 ans.
    • Chez l' enfant de 2 à 6 ans, l' emploi d' antitussifs doit rester très limité.
  • Lorsqu' un antitussif s' avère nécessaire chez un enfant, la codéine est le médicament de premier choix. D' après "Nelson" (15èmeédition, 1996), l' ouvrage de référence en pédiatrie, la dose qui peut être recommandée est de 0,15 à 0,25 mg/kg par prise; celle-ci peut être répétée si nécessaire mais la dose totale journalière ne peut en aucun cas excéder 1 à 1,5 mg/kg.
  • Chez l' enfant qui présente une toux persistante nocturne, il y a lieu de songer à un écoulement post-nasal ou à un reflux gastro-oesophagien.
  • Dans l' article résumé ci-dessus, des sirops sans substance active sont présentés comme une solution possible lorsque la pression sociale impose la prescription d' un antitussif. Ceci relève du problème de la prescription d' un placebo. Une telle approche doit-elle être encouragée? Des commentaires à ce propos sont les bienvenus.

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