Traitement médicamenteux de la dysménorrhée
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La dysménorrhée constitue une plainte fréquente chez les jeunes femmes, souvent sans cause
organique apparente. On ne dispose que de peu de données quant à l’efficacité des différents
traitements proposés. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont les médicaments pour
lesquels il existe le plus de preuves d’une efficacité, et ils sont proposés comme traitement de
premier choix. Les contraceptifs oraux (en cycles mensuels ou en cycles prolongés) sont une
autre possibilité en cas d’efficacité insuffisante ou de contre-indication aux anti-inflammatoires
non stéroïdiens, ou si la femme souhaite une contraception. En cas d’échec de ces traitements,
il convient de procéder à un examen gynécologique plus approfondi afin de rechercher une
éventuelle cause organique sous-jacente. |
La dysménorrhée se définit comme des menstruations douloureuses. Il s’agit souvent de
dysménorrhée sans cause organique apparente; d’autre part, la dysménorrhée peut être
associée à une affection organique sous-jacente, telle l’endométriose ou des kystes ovariens.
La dysménorrhée est très fréquente chez les adolescentes et les femmes jeunes, et est souvent
responsable d’un absentéisme répété. En fonction de l’anamnèse et en l’absence d’anomalie à
l’examen clinique, un traitement empirique peut être instauré. Plusieurs médicaments sont
proposés, certains en l’absence de données suffisantes quant à leur efficacité.
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) représentent le traitement de
premier choix de la dysménorrhée. Leur efficacité a été démontrée dans plusieurs
méta-analyses et études randomisées contrôlées par placebo. Les études comparatives
disponibles ne permettent pas de conclure à la supériorité d’un AINS en particulier
[n.d.l.r.: l’indication dysménorrhée ne figure toutefois pas dans la notice de tous les
AINS]. Dans tous les cas, il convient d’être attentif au risque d’effets indésirables des
AINS, tels ulcération et hémorragie gastro-intestinales [voir
Folia de septembre 2004
]. [N.d.l.r.: un traitement de deux à trois jours par un AINS,
administré de préférence juste avant les menstruations et les premiers jours de celles-ci,
est généralement suffisant.]
- Les contraceptifs oraux peuvent être utilisés dans le traitement de la
dysménorrhée en cas d’efficacité insuffisante ou de contre-indication aux AINS, ou si
la patiente souhaite une contraception. Récemment par exemple, une étude randomisée
contrôlée par placebo a montré une diminution significative de la douleur et de
l’utilisation d’analgésiques chez les femmes prenant un contraceptif oral à base de 0,02
mg d’éthinylestradiol et de 0,1 mg de lévonorgestrel. En cas de contrôle insuffisant de
la douleur, les estroprogestatifs peuvent être administrés en cycles prolongés (c.-à-d.
pendant 9 semaines consécutives suivies d’une semaine d’interruption) dans le but de
diminuer la fréquence des menstruations. [N.d.l.r.: afin de ne pas interférer avec la
maturation de l’axe hypothalamo-hypophysaire, il paraît prudent d’attendre 2 ans après
la ménarche avant d’instaurer une contraception orale].
- Un effet bénéfique sur la dysménorrhée a également été suggéré avec des substances
tels le magnésium, la thiamine (vitamine B 1), la pyridoxine (vitamine B 6), la vitamine E, certains remèdes à base de plantes ou des suppléments à base d’huile de poisson, mais les données
concernant ces traitements sont souvent limitées ou contradictoires. Dans l’état actuel
des connaissances, elles ne sont pas recommandées.
Lorsque les AINS et les contraceptifs oraux ne permettent pas d’obtenir un contrôle suffisant
de la douleur, il est recommandé de procéder à un examen gynécologique plus approfondi afin
de rechercher une cause organique sous-jacente, par ex. une malformation congénitale, une
endométriose, une adénomyose utérine, un fibrome.
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Davis AR, Westhoff C, O’Connell K en
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