Traitement des réactions anaphylactiques
Les médicaments peuvent provoquer des réactions anaphylactiques, allergiques ou non. C'est le cas entre autres de l'acide acétylsalicylique, des IECA et des sartans, des pénicillines, des céphalosporines, des produits de contraste, des anesthésiques locaux, des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Des réactions croisées sont possibles, p. ex. entre les pénicillines et les céphalosporines. Les β-bloquants peuvent aggraver l’évolution d’une réaction anaphylactique et inhiber la réponse à l’épinéphrine. Lorsqu'une réaction anaphylactique survient (souvent avec rougeur, urticaire, démangeaisons...), une surveillance étroite du patient s'impose afin d'évaluer si elle met sa vie en danger.
En cas de réaction anaphylactique grave (difficultés respiratoires ou hypotension), l’épinéphrine (adrénaline) est la base du traitement. L’administration intramusculaire est à préférer à l’administration sous-cutanée en raison d’une meilleure résorption en cas d'hypotension. Une injection intraveineuse ne peut être effectuée qu’en présence d’un collapsus, de préférence par une équipe spécialisée; pour ce faire, la solution d’épinéphrine doit d’abord être diluée (1/10.000) et l’injection doit se faire lentement, de préférence sous monitoring cardiaque. L’épinéphrine est disponible en ampoules de 1 ml avec 0,4 mg, 0,8 mg ou 1 mg d’épinéphrine. Il existe aussi un auto-injecteur à base d’épinéphrine (Epipen® 0,15 mg/dose ou 0,3 mg/dose, voir 1.9. Hypotension) à usage intramusculaire, ce qui peut être utile p.ex. pour les personnes avec une allergie connue aux piqûres d’abeilles, de guêpes ou de bourdons. Les patients doivent toutefois recevoir des instructions en ce qui concerne la dose à utiliser, la manière de procéder, ainsi que les possibilités de désensibilisation (voir 12.4.2.).
La dose d’épinéphrine (en principe par voie intramusculaire) est
- pour l’enfant de moins de 6 ans: 0,15 mg, ce qui équivaut à 0,15 ml d’une solution contenant 1 mg/ml d’épinéphrine (1/1.000);
- pour l'enfant de 6 à 11 ans inclus: 0,3 mg, ce qui équivaut à 0,3 ml d'une solution contenant 1 mg/ml d’épinéphrine (1/1.000);
- pour l’enfant à partir de 12 ans et l'adulte: 0,5 mg, ce qui équivaut à 0,5 ml d'une solution contenant 1 mg/ml d’épinéphrine (1/1.000).
En l'absence d'amélioration après 5 minutes, une deuxième dose peut être administrée par voie intramusculaire. Des effets indésirables tels qu’une ischémie myocardique, des arythmies cardiaques et une crise hypertensive sont possibles, mais ils sont rares en cas d’administration intramusculaire de doses correctes.
Généralement, on administre aussi un antihistaminique H1 par voie parentérale ou orale, en présence d’une urticaire, d'œdèmes et/ou de démangeaisons; l’effet sur l’hypotension et le bronchospasme est faible. Dans cette classe de médicaments, des ampoules de prométhazine à usage intramusculaire sont disponibles en Belgique (à ne pas administrer par voie intraveineuse en raison du risque d’hypotension) (voir 12.4.1.).
L’administration d’un corticostéroïde, en injection intraveineuse ou, si celle-ci est difficile, par voie intramusculaire, p.ex. de l'hydrocortisone (250 mg) ou de la méthylprednisolone (125 mg), de préférence sans agent conservateur, permet de raccourcir la durée de la réaction anaphylactique et d'éviter une aggravation ultérieure. L'effet n'apparaît cependant qu'après plusieurs heures. Lorsque la situation est moins grave et que les symptômes se limitent à la peau, l’administration d’épinéphrine n’est pas nécessaire et l’administration par voie orale ou intramusculaire d'un corticostéroïde est souvent suffisante, éventuellement en association à un antihistaminique H1 par voie orale ou parentérale.
Des β2-mimétiques en inhalation peuvent être utiles en cas de bronchospasme.
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