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La progestérone n'est pas active par voie orale sauf sous une forme micronisée; elle peut aussi être administrée sous cette forme par voie vaginale en vue d'obtenir un effet systémique. On utilise surtout des progestatifs synthétiques dérivés de la progestérone ou de la 17-α-hydroxyprogestérone, et de la testostérone, de la nortestostérone ou de la norprogestérone.
Les associations estroprogestatives pour la contraception et pour les plaintes liées à la ménopause ou de la substitution hormonale sont discutées aux points 6.2. et 6.3.
Positionnement - Le lynestrénol et d'autres dérivés de la 19-nortestostérone (p. ex. la noréthistérone et le norgestrel), ont des propriétés androgéniques et anabolisantes. Ceci peut être important pour préciser les indications et les contre-indications. Les progestatifs introduits plus récemment (désogestrel, norgestimate, gestodène) sont des dérivés du norgestrel; le lévonorgestrel est l’énantiomère actif du norgestrel.
- Les progestatifs peuvent être administrés de façon cyclique ou en continu; un traitement cyclique (de 10 à 14 jours) n'a de sens qu'en présence d'une imprégnation estrogénique suffisante pendant les semaines précédentes.
- Les progestatifs n’ont pas de place dans le traitement de la dysménorrhée, des ménorragies et du syndrome prémenstruel, à l’exception du dispositif intra-utérin (DIU) à base de lévonorgestrel qui peut être utilisé dans les ménorragies idiopathiques.
- La progestérone naturelle (par voie orale ou vaginale) ou un de ses dérivés (la dydrogestérone) peut être prescrite pour soutenir la phase lutéale si une déficience du corps jaune est suspectée, notamment chez les femmes chez lesquelles l’ovulation a été induite par des analogues de la gonadoréline (voir 6.5.3.).
- Des pertes sanguines pendant le premier trimestre de la grossesse (menace d'avortement) sont rarement le signe d'une carence en progestérone, et ne constituent pas en soi une indication pour un traitement par la progestérone.
- La progestérone est proposée sans beaucoup d’arguments, par voie locale, en cas de masthopathies et de masthodynies bénignes.
Indications - Contraception: seuls (minipilule, piqûre contraceptive, implant, intra-utérin), ou en association à des estrogènes (voir 6.2.1. et 6.2.2.).
- Contraception d’urgence ("morning-after pill", voir 6.2.3.).
- Substitution après la ménopause (oral, intra-utérin): en association avec des estrogènes (voir 6.3.2.).
- Aménorrhée ou saignements anovulatoires.
- Pour retarder les menstruations.
- Endométriose.
- Ménorragies idiopathiques (intra-utérin).
- Cancers hormonodépendants, p.ex. de l'endomètre ou de la prostate, indication spécifiée au niveau des spécialités concernées.
Contre-indications principales - Les progestatifs ayant des propriétés androgéniques sont contre-indiqués pendant la grossesse.
Effets indésirables principaux - Modifications du métabolisme lipidique et glucidique.
- Nausées, vomissements, diarrhée.
- Diminution de la libido.
- Céphalées, fatigue, tendances dépressives.
- Oedème, prise de poids.
- Ictère cholestatique et urticaire: rare.
- L’injection d’une forme retard, les implants ou la prise continue de progestatifs dans le but de supprimer les menstruations entraînent souvent des pertes de sang irrégulières (spotting) pendant le traitement, et des aménorrhées plus ou moins prolongées à l'arrêt du traitement.
- Acné, séborrhée, alopécie et hirsutisme avec les dérivés à composante androgénique.
Grossesse - Les progestatifs ayant des propriétés androgéniques sont contre-indiqués pendant la grossesse; une exposition à ces progestatifs pourrait entraîner une masculinisation du foetus féminin.
Interactions principales
Précautions principales - La prudence s'impose en cas d'affections hépatiques, chez les femmes ayant des antécédents ou des facteurs de risque de thrombo-embolie, en cas d'hypertension, et en association à des estrogènes chez les femmes avec un risque élevé de carcinome mammaire.
Posologie - Les posologies ci-dessous ne sont mentionnées que pour les indications non oncologiques des progestatifs.
- Etant donné la nécessité d’une adaptation individuelle de la posologie dans les tumeurs hormono-dépendantes, celle-ci n’est pas mentionnée.
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