Intoxications médicamenteuses
Voir Folia de janvier 2011.
Pour toute information, vous pouvez contacter à tout moment le Centre Antipoisons (tél. 070 245 245,
voir "Adresses utiles”). Le Centre Antipoisons dispose également d’une réserve de certains antidotes (plus d’informations via
www.poisoncentre.be).
Une prise en charge et un traitement méthodiques s’imposent.
- Il convient en premier lieu de contrôler les fonctions vitales et de prendre si nécessaire les mesures classiques de secours. Une diminution de l’état de conscience due à une hypoglycémie, au monoxyde de carbone ou à des morphiniques doit être immédiatement repérée et traitée de manière adéquate. Cela vaut aussi pour les crises d’épilepsie provoquées par des intoxications.
- La gravité de l'intoxication doit ensuite être évaluée sur base de l’(hétéro-) anamnèse à partir de laquelle des informations peuvent être obtenues en ce qui concerne la nature du médicament qui a été pris, la quantité supposée prise, le moment de la prise, la prise concomitante éventuelle d’alcool. Il faut toutefois insister sur le fait que les informations obtenues à l’anamnèse ne sont pas toujours fiables et que cela peut amener à sous-estimer la gravité de la situation. Les renseignements obtenus à partir de l’examen clinique sont aussi importants. Il faut aussi être attentif au fait que l'absence de symptômes peut être faussement rassurante (p. ex. en cas d’intoxication au paracétamol). En cas d’intoxication intentionnelle, une évaluation et une aide psychiatriques urgentes s’imposent.
- A l’exception du glucose ou du glucagon administrés en cas de surdosage par des hypoglycémiants, les antidotes spécifiques ne sont en général pas indiqués en première ligne. Les hôpitaux prenant en charge des cas d’intoxication aiguë doivent bien entendu disposer d’une série d’antidotes. La liste de ce stock sera établie sur base d’ouvrages classiques en toxicologie clinique et de préférence en concertation avec le Centre Antipoisons.
- En ce qui concerne les techniques permettant de contrecarrer la résorption gastro-intestinale, il n’existe pas d’études randomisées contrôlées; les recommandations suivantes ont été établies sur base d’un consensus d’experts.
- Le charbon activé, comme médicament adsorbant, est utile pour la plupart des intoxications potentiellement dangereuses s’il est administré dans l’heure qui suit l’intoxication; l’intérêt éventuel en cas d’administration plus tardive ne peut toutefois pas être exclu. L’administration de charbon activé est contre-indiquée entre autres chez les patients présentant un risque de fausse route et une diminution de l’état de conscience, avec risque d’aspiration.
- Le lavage gastrique ne peut pas être effectué de manière systématique. Des facteurs tels que la gravité de l’intoxication, la probabilité que le lavage gastrique entraîne l’élimination d’une quantité cliniquement significative (entre autres en fonction du délai après la prise) et le risque de la procédure (entre autres aspiration, lésion œsophagienne) doivent être pris en considération.
- La provocation de vomissements au moyen de sirop d’ipeca n’a pratiquement plus de place.
- Un lavage intestinal est parfois proposé dans certaines intoxications, p.ex. en cas de présentation tardive d’une intoxication potentielle par des médicaments à libération prolongée.
- L’utilisation de laxatifs dans les intoxications n’est pas argumentée.
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