Nouveautés médicaments
Nouveautés médicaments mai 2026

 : médicaments soumis à une surveillance particulière et pour lesquels la notification d’effets indésirables au Centre Belge de Pharmacovigilance est encouragée (entre autres médicaments contenant un nouveau principe actif, médicaments biologiques).
  : médicaments pour lesquels des procédures additionnelles de minimisation des risques (Risk Minimization Activities : RMA) ont été imposées par l’autorité qui délivre l’autorisation de mise sur le marché (voir Folia mars 2015), telles que du matériel éducatif ou des brochures.
  : contre-indication ou réduction de dose en cas d’insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine entre 30 et 15 ml/min/1,73m2).
  : contre-indication ou réduction de dose déjà en cas d’insuffisance rénale modérée (clairance de la créatinine inférieure ou égale à 60 ml/min/1,73m2), ou en cas d'insuffisance rénale sans précision du degré de sévérité.

Les actualités médicamenteuses de ce mois prennent en compte les changements portés à notre connaissance jusqu’au 30 avril 2026. Les modifications signalées après cette date seront reprises dans les Weekly Folia du mois de juin 2026.
 
Les textes du Répertoire concernant ces actualités seront mis à jour à la date du 22 mai 2026.

  Nouveautés en oncologie

  amivantamab (Rybrevant®)

L’amivantamab (Rybrevant®, chapitre 13.2.1., délivrance hospitalière, administration intraveineuse sous surveillance médicale ou sous-cutanée), un anticorps monoclonal bispécifique dirigé contre l’EGFR et le facteur MET, a pour indication le traitement du cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé avec mutations spécifiques de l’EGFR  (synthèse du RCP).1
Selon les formes présentées par le cancer, il sera administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée, en association ou non avec d’autres antitumoraux. 
En raison du risque de réactions liées à la perfusion ou à l’administration sous-cutanée, des prémédications doivent être administrées avant la prise d’amivantamab.

Coût: 1230€ pour le conditionnement de 350 mg, 3689€ pour le conditionnement de 1600 mg et 4918€ pour le conditionnement de 2240 mg. Remboursé en catégorie voir conditions et remboursement.
 

  lazertinib (Lazcluze®)

Le lazertinib (Lazcluze®, chapitre 13.2.3.6., usage hospitalier, voie orale) a pour indication, en association à l’amivantamab, le traitement des patients adultes atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) avancé avec mutations spécifiques de l’EGFR (synthèse du RCP).1
En raison du risque de thrombo-embolies veineuses chez les patients recevant l’association de lazertinib et d’amivantamab, une prophylaxie par un anticoagulant oral direct ou une héparine de bas poids moléculaire doit être mise en place à l’initiation du traitement. 
Lors de l’instauration du traitement par lazertinib + amivantamab, un traitement prophylactique par un antibiotique oral (par exemple doxycycline ou minocycline, 100 mg deux fois par jour) dès le premier jour et pendant les 12 premières semaines de traitement est recommandé pour réduire le risque et la sévérité des réactions cutanées et unguéales. Après la fin de l’antibiothérapie orale, l’application d’une lotion antibiotique topique sur le cuir chevelu (par exemple clindamycine à 1 %) pour les 9 mois de traitement suivants est recommandée.
Il est également recommandé d’utiliser une crème hydratante non comédogène pour le visage et l’ensemble du corps (sauf le cuir chevelu), et une solution de chlorhexidine pour le lavage des mains et des pieds. Les patients doivent éviter une exposition au soleil pendant et 2 mois après l’arrêt du traitement.
Des cas de pneumopathie interstitielle diffuse et de kératite ont été rapportés chez les patient ayant reçu l’association de lazertinib + amivantamab.

Innocuité

  • Contre-indications : grossesse et allaitement.
  • Effets indésirables les plus fréquemment rapportés : toxicité pour les ongles, réactions liées à la perfusion avec amivantamab, hypoalbuminémie, hépatotoxicité, œdème, stomatite, paresthésie, fatigue, constipation, diarrhée, sécheresse cutanée, diminution de l’appétit, prurit, hypocalcémie, affections oculaires et nausée.
    Les effets indésirables graves les plus fréquents sont : thromboembolie veineuse, pneumonie, rash, pneumopathie interstitielle diffuse/pneumopathie inflammatoire.
  • Interactions : voir 13.2.3.6. Inhibiteurs de protéines kinases.
  • Précautions particulières : voir 13. Médicaments antitumoraux.


Coût: 102€ pour 56 comprimés de 80 mg et 205€ pour 28 comprimés de 240mg. Remboursé en catégorie voir conditions et remboursement.

 

  serplulimab (Hetronifly®)

Le serplulimab (Hetronifly®, chapitre 13.3.1., médicament orphelin, délivrance hospitalière, administration intraveineuse sous surveillance médicale), un inhibiteur de points de contrôle immunitaires, a pour indication le traitement des patients adultes atteints de certains cancers du poumon, des bronches ou de l'oesophage, en association avec d'autres traitements antitumoraux (synthèse du RCP).1
Une carte destinée aux patients (matériel Risk Minimization Activities (RMA )) est à leur disposition afin de les sensibiliser aux nombreux effets indésirables possibles.

  • Les effets indésirables les plus fréquents sont : pneumonie, troubles hématologiques, réaction liée à la perfusion, troubles de la thyroïde, arythmie, toux, hyperglycémie ou diabète sucré de type 1, hyperlipidémie, diminution de l'appétit, troubles gastro-intestinaux, nausées, vomissements, augmentation des enzymes hépatiques, éruption cutanée, alopécie, douleurs musculosquelettiques, fièvre, asthénie, insomnie, augmentation de la phosphatase alcaline sanguine, hypoprotéinémie, hyperuricémie, déséquilibre électrolytique.


Coût: 1166€, remboursé en catégorie voir conditions et remboursement.

 

  Nouvelles formulations

  infliximab (Remsima®)

Une nouvelle formulation de solution pour perfusion intraveineuse d’infliximab 100 mg et 350 mg (Remsima®) est désormais disponible. Une Direct Healthcare Professional Communication (DHPC) a été envoyé aux professionnels de la santé en raison de la présence de sorbitol dans cette nouvelle formulation. L’administration intraveineuse de produits contenant du sorbitol est contre-indiquée chez les patients ayant une intolérance héréditaire au fructose (IHF) en raison du risque d’effets indésirables sévères tels que hypoglycémie, insuffisance hépatique aiguë, syndrome hémorragique, insuffisance rénale et décès.
La spécialité d’infliximab 100 mg en poudre pour administration intraveineuse (Remsima®) déjà existante ne contient pas de sorbitol et continue d’être commercialisée. 
Les professionnels de la santé sont appelés à s’assurer que les patients ne présentent pas d’IHF avant l’administration de cette nouvelle formulation et doivent prévenir leurs patients atteints de cette intolérance de la contre-indication.
Les spécialités d’infliximab (Remsima®) disponibles en administration sous-cutanée contiennent également du sorbitol mais sont considérées comme sans danger chez ces patients en raison de la voie d’administration sous-cutanée.
Les solutions pour perfusion Remsima® 100 mg et 350 mg ne sont pas librement interchangeables avec d'autres formulations intraveineuses d'infliximab chez les patients atteints d'IHF.
Pour rappel, l’infliximab a pour indication certaines formes d’arthropathies, de psoriasis et de maladies inflammatoires de l’intestin.

 

  Indications

 dupilumab (Dupixent®)

L’indication du dupilumab (Dupixent®) dans le traitement de l’urticaire chronique spontanée modérée à sévère a été élargie aux enfants à partir de 2 ans. Il a comme indication l’urticaire chronique spontanée chez les patients insuffisamment contrôlés par des antihistaminiques H1 et n'ayant jamais reçu de traitement anti-IgE pour l’urticaire chronique spontanée.
Pour le profil d’innocuité du dupilumab, voir Inhibiteurs de l’IL-4/IL-13.

Coût : 3504,75€ pour 6 x 200 ou 300 mg, non remboursé dans cette indication au 30 avril 2026.
 

 tirzépatide (Mounjaro®)

L’indication du tirzépatide (Mounjaro®) dans le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique a été élargie aux adolescents et enfants de 10 ans et plus, soit en monothérapie, soit en association avec d’autres antidiabétiques.
La sécurité et l’efficacité du tirzépatide à 5 mg et 10 mg pris une fois par semaine ont été évaluées dans une étude de phase III contrôlée versus placebo en double aveugle durant 30 semaines1 :

  • 99 patients âgés de 10 à 17 ans ont été inclus (âge moyen 14,7 ans, durée moyenne du diabète de type 2 de 2,4 ans).
  • Tous avaient un IMC supérieur au 85ième percentile de la population générale.
  • Ces patients étaient traités soit par metformine (68,7%), soit par insuline basale (8,1%), ou les deux (23,2%).
  • À 30 semaines, le tirzépatide 5 mg et 10 mg pris individuellement ou combinés, ont montré des résultats supérieurs au placebo pour réduire l’HbA1c, la glycémie à jeun et l’IMC.

L’étude a été suivie d’une phase d’extension durant 22 semaines. L’efficacité glycémique s’est maintenue et la réduction de l’IMC s’est poursuivie jusqu’à la semaine 52.

Il convient toutefois de rester prudent. On ne dispose pas de données de sécurité chez les enfants de plus de 10 ans atteints de diabète de type 2 et pesant moins de 50 kg ou dont l’IMC est inférieur au 85ième percentile au début du traitement. Chez les enfants de moins de 60 kg, les données de sécurité étant limitées, la prudence est de mise lors de l’augmentation du tirzépatide à la dose de 10 mg.

Le tirzépatide a également pour indication le contrôle du poids en complément des mesures hygiéno-diététiques en présence d’obésité ou de surpoids associé à des comorbidités, mais uniquement chez l’adulte.
Pour plus de détails au sujet du profil d’innocuité du tirzépatide, des études dans le diabète de type 2 et dans la perte de poids chez les personnes avec excès pondéral ou obésité (avec ou sans diabète), voir les articles Folia septembre 2023 et Folia novembre 2024.

Coût: les dosages de 2,5mg, 5mg, 7,5mg et 10mg sont remboursés en catégorie voir conditions et remboursement.
 

 baricitinib (Olumiant®)

L’indication du baricitinib (Olumiant®) dans le traitement de la pelade sévère a été élargie aux adolescents âgés de 12 ans et plus. Le baricitinib a également pour indications le traitement de la dermatite atopique et de l’arthrite juvénile idiopathique chez les patients âgés de 2 ans et plus ainsi que le traitement de la polyarthrite rhumatoïde chez les adultes.
Pour le profil d’innocuité du dupilumab, voir Inhibiteurs de l’IL-4/IL-13.

Coût : 910,30€ pour les conditionnements de 28 comprimés et 2402,80€ pour les conditionnement de 84 comprimés. Remboursés en catégorie chez les adultes de 18 à 65 ans dans le cadre du traitement de la pelade, voir conditions et remboursement
 


  Modalités de remboursements

 éplontersen (Wainzua®)

L’éplontersen (Wainzua®, délivrance hospitalière) est désormais remboursé en catégorie dans le traitement de la polyneuropathie associée à l’amyloïdose héréditaire liée à la transthyrétine chez les adultes.
 

 lévétiracétam (Keppra Abacus®, Keppra Orifarm®, Levetiracetam Sandoz®)

Les modalités de remboursement du générique et des spécialités disponibles à l’importation et à la distribution parallèle du Keppra® ont été modifiées. Auparavant remboursées en catégorie , ces spécialités sont remboursées en catégorie . Le Keppra® reste quant à lui remboursé en catégorie .
 

 Arrêts de commercialisation

Cette rubrique concerne les arrêts définitifs de commercialisation. Les spécialités concernées ne sont plus mentionnées dans le Répertoire. 
La liste des médicaments indisponibles peut être consultée sur le site de l’AFMPS-Pharmastatut.
 

 décitabine (Dacogen®)

La décitabine (Dacogen®), un analogue des pyrimidines, n’est plus commercialisée. Elle avait pour indication le traitement des adultes atteints de leucémie aiguë myéloïde. Il n’existe plus de spécialité à base de décitabine, mais d’autres analogues des pyrimidines sont disponibles, voir 13.1.2.3. Analogues des pyrimidines.
 

 méthylergométrine (Methergin®)

La methylergométrine (Methergin®) n’est plus commercialisée. Elle avait pour indication le traitement de l’atonie utérine et des hémorragies survenant pendant ou après la 3ième phase de délivrance, durant une césarienne ou après un avortement. Elle a également pour indication le traitement de la subinvolution de l’utérus, de la lochiométrie et des hémorragies puerpérales. Il n’existe plus d’alcaloïde de l’ergot de seigle comme alternative, mais une spécialité d’oxytocine a aussi pour indication le traitement des hémorragies du post-partum, voir 6.4.1. Ocytociques.
 

 sisymbrium officinale (Euphon®)

Le sisymbrium officinale (Euphon®) n’est plus commercialisé. Il se présentait sous forme de pastilles à sucer à base d’érysimum ayant pour indication le traitement de la toux sèche et de l’enrouement. Il n’existe plus de médicament à base d’érysimum, mais des compléments alimentaires sont disponibles en pharmacie. La toux aiguë ou subaiguë ne nécessite généralement pas de traitement médicamenteux. L’efficacité des antitussifs en cas de toux sèche n’est pas suffisamment étayée, tant chez l'enfant que chez l'adulte. La cause de la toux doit toujours être recherchée; dans la plupart des cas, il s'agit d'une infection aiguë des voies respiratoires dont l'évolution est spontanément favorable, voir 4.2.1. Antitussifs.
 

 vaccin méningocoque type C (Neisvac-C®)

Le vaccin contre le méningocoque de type C (Neisvac-C) n’est plus commercialisé. Il avait pour indication l’immunisation active dès l’âge de 2 mois pour la prévention des maladies invasives provoquées par les sérogroupes C de Neisseria meningitidis.
Il n’existe plus de vaccin monovalent dirigé contre le sérotype C mais des vaccins tétravalents dirigés contre les sérogroupes A, C, W et Y sont disponibles comme alternatives. 
Le Conseil Supérieur de la Santé recommande une vaccination contre les sérogroupes A, C, W et Y à l’âge de 15 mois suivie d’une vaccination supplémentaire à l’âge de 15-16 ans.
La méningite à méningocoque est endémique dans les régions subsahariennes. La vaccination contre les méningocoques A,C,W et Y est recommandée chez les personnes qui voyagent pendant la période sèche dans les pays de la ceinture de la méningite subsaharienne, et qui y entrent en contact étroit avec la population locale ou qui y séjournent pendant plus de 4 semaines, ou chez les personnes présentant une drépanocytose ou une asplénie.
Les autorités saoudiennes exigent la vaccination contre les méningocoques A, C, W et Y en cas de pèlerinage à la Mecque (à partir de l’âge de 2 ans), voir 12.1.2.5. Vaccin contre les infections à méningocoques.
 

 vardénafil 5mg (Vardenafil Sandoz®)

Le vardénafil 5mg (Vardenafil Sandoz®) n’est plus commercialisé. Il avait pour indication dans le RCP le traitement des troubles de l’érection. Il n’existe plus de spécialité à base de vardénafil 5mg, mais une spécialité à base de vardénafil 10mg sécable est disponible si le dosage de 5mg est souhaité, voir 7.3.1. Inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5.

Sources

En plus des sources générales consultées systématiquement par le CBIP (British Medical Journal, New England Journal of Medicine, Annals of Internal Medicine, The Lancet, JAMA, Drug & Therapeutic Bulletin, GeBu, La Revue Prescrire, Australian Prescriber), pour écrire les articles « nouveautés médicamenteuses », les sources suivantes sont consultées : RCP et dossier d’évaluation à l’EMA (EPAR) du produit, The Medical Letter, NEJM Journal Watch.
 

Sources spécifiques

amivantamab

1. Rybrevant®. Résumé des Caractéristiques du Produit. Consulté le 30 avril 2026

lazertinib

1. Lazcluze®. Résumé des Caractéristiques du Produit. Consulté le 30 avril 2026

serplulimab

1. Hetronifly®. Résumé des Caractéristiques du Produit. Consulté le 30 avril 2026

tirzépatide

1. Mounjaro®. Résumé des Caractéristiques du Produit. Consulté le 30 avril 2026