{"id":191442,"date":"2026-08-13T00:00:00","date_gmt":"2026-08-12T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bcfi.be\/contraception-hormonale-ains-quen-est-il-du-risque-thromboembolique-veineux\/"},"modified":"2026-08-13T00:00:00","modified_gmt":"2026-08-12T22:00:00","slug":"contraception-hormonale-ains-quen-est-il-du-risque-thromboembolique-veineux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/contraception-hormonale-ains-quen-est-il-du-risque-thromboembolique-veineux\/","title":{"rendered":"Contraception hormonale + AINS : qu\u2019en est-il du risque thromboembolique veineux?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le risque de thromboembolie veineuse (TEV) associ\u00e9 aux contraceptifs estroprogestatifs est bien connu. Les AINS ont eux aussi \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 des TEV&#x002C; mais le lien de causalit\u00e9 reste incertain. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent&#x002C; aucune donn\u00e9e n\u2019\u00e9tait disponible concernant le risque thromboembolique li\u00e9 \u00e0 l\u2019utilisation <\/strong><i><strong>simultan\u00e9e<\/strong><\/i><strong> d\u2019une contraception hormonale et d\u2019un AINS. Il s\u2019agit pourtant d\u2019une question de recherche pertinente compte tenu de la fr\u00e9quence de cette association chez les jeunes femmes et de la gravit\u00e9 des TEV. Une \u00e9tude de cohorte danoise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale s\u2019est pench\u00e9e sur la question.<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<div class='summary'>\n<div class='summary-article-content'>\n<p><strong>Messages cl\u00e9s<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;\u00e9tude de cohorte danoise nationale montre que la contraception hormonale (en particulier les contraceptifs <a href='#hri'><u>\u00e0 haut risque<\/u><\/a> et <a href='#mri'><u>\u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9<\/u><\/a>) et les AINS&#x002C; <strong>pris s\u00e9par\u00e9ment<\/strong>&#x002C; augmentent le risque thromboembolique veineux (TEV). Pour la contraception hormonale&#x002C; ce r\u00e9sultat est conforme aux attentes. Pour les AINS&#x002C; il s\u2019agit d\u2019un signal important&#x002C; d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 dans d&rsquo;autres publications.<\/li>\n<li><strong>L&rsquo;utilisation simultan\u00e9e d&rsquo;une contraception hormonale et d&rsquo;un AINS<\/strong> majorait le risque de TEV&#x002C; surtout en cas d&rsquo;utilisation de <a href='#hri'><u>contraceptifs \u00e0 haut risque<\/u><\/a>. Par rapport \u00e0 l\u2019utilisation des contraceptifs \u00e0 haut risque seuls&#x002C; l\u2019association contraceptifs \u00e0 haut risque + AINS a entra\u00een\u00e9 un risque 11 fois plus \u00e9lev\u00e9&#x002C; avec 23 \u00e9v\u00e8nements suppl\u00e9mentaires pour 100 000 femmes au cours de la premi\u00e8re semaine d\u2019utilisation de l\u2019AINS. Cette augmentation du risque est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab <strong>synergique<\/strong> \u00bb: elle est sup\u00e9rieure \u00e0 la simple somme des risques associ\u00e9s respectivement aux AINS et \u00e0 la contraception hormonale.<\/li>\n<li><strong>Conclusion du CBIP:<\/strong> lorsque l\u2019on aborde le risque limit\u00e9&#x002C; mais r\u00e9el&#x002C; des TEV chez les femmes utilisant une contraception hormonale&#x002C; il convient de mentionner que la prise simultan\u00e9e d\u2019un AINS peut encore accro\u00eetre ce risque. Cette augmentation du risque est surtout marqu\u00e9e chez les femmes utilisant <a href='#hri'><u>une contraception \u00e0 haut risque<\/u><\/a>&#x002C; et est potentiellement plus importante pour le diclof\u00e9nac que pour les autres AINS. Il est important d\u2019informer les femmes des <a href='https:\/\/www.afmps.be\/sites\/default\/files\/downloads\/Informations%20pour%20le%20patient_CHCs%20BE%20final%20printing_Art31.pdf'><u>sympt\u00f4mes cliniques<\/u><\/a> qui doivent les inciter \u00e0 consulter rapidement un m\u00e9decin.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>En quoi cette \u00e9tude est-elle importante?<\/h2>\n<p>Le risque de thromboembolie veineuse (TEV) associ\u00e9 aux contraceptifs estroprogestatifs (pilule combin\u00e9e&#x002C; patch transdermique&#x002C; anneau vaginal) est bien connu. Ce risque d\u00e9pend de la teneur en estrog\u00e8nes (risque le plus \u00e9lev\u00e9 avec les pr\u00e9parations contenant \u2265 50 \u00b5g d\u2019\u00e9thinylestradiol&#x002C; qui ne sont plus disponibles en Belgique) et du type de progestatif. Dans le <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5314'><u>R\u00e9pertoire 6.2.1.<\/u><\/a>&#x002C; nous indiquons que \u00ab le risque est plus \u00e9lev\u00e9 avec les associations contenant un progestatif de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (d\u00e9sogestrel&#x002C; gestod\u00e8ne)&#x002C; la drospir\u00e9none&#x002C; la cyprot\u00e9rone ou le di\u00e9nogest&#x002C; par rapport au l\u00e9vonogestrel ou au norgestimate \u00bb. Certaines donn\u00e9es montrent un risque similaire ou plus \u00e9lev\u00e9 avec les voies d\u2019administration transdermiques et vaginales. Pour la chloromadinone et le nom\u00e9gestrol&#x002C; ce risque reste incertain (voir \u00e9galement <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/3487?folia=3465'><u>Folia d\u00e9cembre 2020<\/u><\/a>).<\/p>\n<p>Les AINS ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 un risque de TEV (notamment dans une m\u00e9ta-analyse de 2015<span class='folia-referentie-note'>1<\/span>). Il n\u2019est pas certain qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un lien de causalit\u00e9&#x002C; car la plupart des donn\u00e9es proviennent d\u2019\u00e9tudes observationnelles&#x002C; pour lesquelles on ne peut exclure la pr\u00e9sence de biais et de facteurs de confusion r\u00e9siduels.<span class='folia-referentie-note'>1-3<\/span><\/p>\n<p>Il n\u2019existait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent aucune donn\u00e9e concernant le risque de TEV en cas d\u2019utilisation <i>simultan\u00e9e<\/i> d\u2019une contraception hormonale et d\u2019AINS. Il s\u2019agit pourtant d\u2019une question de recherche pertinente&#x002C; compte tenu de la fr\u00e9quence de cette association chez les jeunes femmes et de la gravit\u00e9 des TEV. L\u2019\u00e9tude de cohorte danoise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale \u00e9voqu\u00e9e ici avait pour objectif principal d\u2019\u00e9valuer le risque de TEV en cas d\u2019utilisation simultan\u00e9e de contraceptifs hormonaux et d\u2019AINS.<span class='folia-referentie-note'>2<\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<h2>Protocole de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<p>\u00c9tude de cohorte r\u00e9trospective nationale danoise (1996-2017) men\u00e9e aupr\u00e8s de femmes \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 49 ans (n = \u00b1 2 millions) sans ant\u00e9c\u00e9dents de thromboembolie.<\/p>\n<p>529 704 femmes utilisant une contraception hormonale ont retir\u00e9 en pharmacie&#x002C; sur ordonnance d\u2019un m\u00e9decin&#x002C; un AINS au cours de la p\u00e9riode d\u2019\u00e9tude. Ces femmes ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es dans l\u2019\u00e9tude comme des utilisatrices simultan\u00e9es.<\/p>\n<p>La contraception hormonale a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e en fonction du risque de TEV:<\/p>\n<ul>\n<li><a class='bcfi-anchor' id='hri' name='hri'>\u00a0<\/a><strong>Risque \u00e9lev\u00e9:<\/strong> associations \u0153stro-progestatives (comprim\u00e9s&#x002C; patchs transdermiques&#x002C; anneau vaginal) contenant comme progestatif le d\u00e9sogestrel&#x002C; le gestod\u00e8ne&#x002C; la drospir\u00e9none&#x002C; la cyprot\u00e9rone&#x002C; l\u2019\u00e9tonogestrel ou la norelgestromine&#x002C; ou contenant \u2265 50 \u00b5g d\u2019\u00e9thinylestradiol (qui n\u2019est plus commercialis\u00e9 en Belgique).<\/li>\n<li><a class='bcfi-anchor' id='mri' name='mri'>\u00a0<\/a><strong>Risque mod\u00e9r\u00e9:<\/strong> toutes les autres associations \u0153stro-progestatives (c&rsquo;est-\u00e0-dire contenant comme progestatif le l\u00e9vonorgestrel&#x002C; le norgestimate&#x002C; la nor\u00e9thist\u00e9rone&#x002C; le di\u00e9nogest (mais voir \u00ab + plus d&rsquo;infos \u00bb) ou le nom\u00e9gestrol)&#x002C; injection de m\u00e9droxyprogest\u00e9rone (pilule injectable).\n<div class='detailed-content'>\n<p>Dans cette \u00e9tude&#x002C; les associations contenant du di\u00e9nogest sont class\u00e9es parmi les contraceptifs \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9. Dans le R\u00e9pertoire&#x002C; en revanche&#x002C; nous classons ces associations parmi les contraceptifs \u00e0 haut risque: au vu des incidences mentionn\u00e9es dans <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/3487?folia=3465'><u>Folia de d\u00e9cembre 2020<\/u><\/a>&#x002C; cela semble justifi\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/li>\n<li><strong>Risque faible ou nul:<\/strong> progestatif oral&#x002C; implant&#x002C; DIU contenant du l\u00e9vonorgestrel.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Crit\u00e8re d\u2019\u00e9valuation:<\/strong> premier diagnostic d\u2019un \u00e9v\u00e9nement thromboembolique veineux (embolie pulmonaire ou thrombose veineuse profonde des membres inf\u00e9rieurs).<\/p>\n<p>Des ajustements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s pour tenir compte de divers facteurs: \u00e2ge&#x002C; ann\u00e9e civile&#x002C; niveau d\u2019\u00e9ducation&#x002C; hypertension&#x002C; diab\u00e8te&#x002C; syndrome des ovaires polykystiques&#x002C; endom\u00e9triose&#x002C; migraine&#x002C; maladies syst\u00e9miques du tissu conjonctif et polyarthropathie inflammatoire.<br \/>\u00a0<\/p>\n<h2>R\u00e9sultats en bref<\/h2>\n<p>Au cours de la p\u00e9riode de suivi d\u2019une dur\u00e9e m\u00e9diane de 10 ans&#x002C; 8 710 cas de TEV ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s&#x002C; dont 31 % d\u2019embolies pulmonaires et 69 % de thromboses veineuses profondes des membres inf\u00e9rieurs.\u00a0<\/p>\n<p>58 % des femmes utilisaient une contraception hormonale pr\u00e9sentant un \u00ab risque \u00e9lev\u00e9 \u00bb de TEV&#x002C; 23 % une contraception hormonale pr\u00e9sentant un \u00ab risque mod\u00e9r\u00e9 \u00bb et 19 % une contraception hormonale pr\u00e9sentant un \u00ab risque faible \u00bb.<\/p>\n<p>Les utilisatrices simultan\u00e9es ont obtenu en moyenne 2 ordonnances d\u2019AINS. Les ordonnances d\u00e9livr\u00e9es concernaient surtout l\u2019ibuprof\u00e8ne (60 %)&#x002C; le diclof\u00e9nac (20 %) et le naprox\u00e8ne (6 %). Dans 98 % des cas&#x002C; il s\u2019agissait d\u2019une bo\u00eete contenant au maximum 30 comprim\u00e9s&#x002C; ce qui correspond \u00e0 une utilisation de relativement courte dur\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Risque de TEV par rapport au groupe t\u00e9moin<\/strong>&#x002C; exprim\u00e9 sous forme de <i>rapport d&rsquo;incidence (IRR) ajust\u00e9 <\/i>:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Contraception hormonale par rapport \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;AINS + absence de contraception hormonale :<\/strong>\n<ul>\n<li>contraception \u00e0 haut risque : risque x 4&#x002C;1 (IC \u00e0 95 % : 3&#x002C;9 \u00e0 4&#x002C;3);<\/li>\n<li>contraception \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9 : risque x 3&#x002C;0 (IC \u00e0 95 % : 2&#x002C;8 \u00e0 3&#x002C;2);<\/li>\n<li>contraception \u00e0 risque faible ou sans risque : risque x 1&#x002C;1 (IC \u00e0 95 % : 1&#x002C;0 \u00e0 1&#x002C;2).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><strong>AINS par rapport \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;AINS + absence de contraception hormonale :<\/strong> risque x 7&#x002C;2 (IC \u00e0 95 %: 6&#x002C;0 \u00e0 8&#x002C;5). L&rsquo;IRR ajust\u00e9 \u00e9tait le plus \u00e9lev\u00e9 pour le diclof\u00e9nac (risque x 12&#x002C;0).<\/li>\n<li><strong>Contraception hormonale + AINS par rapport \u00e0 la contraception seule :<\/strong>\n<ul>\n<li><strong>contraception \u00e0 haut risque + AINS :<\/strong> risque x 11&#x002C;0 (IC \u00e0 95 % : 9&#x002C;6 \u00e0 12&#x002C;6);<\/li>\n<li><strong>contraception \u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9 + AINS :<\/strong> risque x 7&#x002C;9 (IC \u00e0 95 % : 5&#x002C;9 \u00e0 10&#x002C;6);<\/li>\n<li><strong>contraception \u00e0 risque faible\/sans risque + AINS :<\/strong> risque x 4&#x002C;5 (IC \u00e0 95 % : 2&#x002C;6 \u00e0 8&#x002C;1).<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les chercheurs ont estim\u00e9 le <strong>nombre d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires pour 100 000 femmes au cours de la premi\u00e8re semaine de prise d&rsquo;AINS<\/strong> comme suit:<\/p>\n<ul>\n<li>4 \u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires (IC \u00e0 95 % : 3 \u00e0 5) pour les AINS par rapport \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;AINS + l&rsquo;absence de contraception hormonale.<\/li>\n<li>23 \u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires (IC \u00e0 95 % : 19 \u00e0 27) pour la contraception \u00e0 haut risque + AINS par rapport \u00e0 la contraception seule.<\/li>\n<li>11 \u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires (IC \u00e0 95 % : 7 \u00e0 15) pour la contraception \u00e0 risque moyen + AINS par rapport \u00e0 la contraception seule.<\/li>\n<li>3 \u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires (IC \u00e0 95 % : 0 \u00e0 5) pour la contraception \u00e0 faible risque ou sans risque + AINS par rapport \u00e0 la contraception seule.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une analyse de sensibilit\u00e9 a montr\u00e9&#x002C; dans le sous-groupe des \u00ab femmes en bonne sant\u00e9 \u00bb*&#x002C; une augmentation encore plus importante du risque de TEV avec la prise d&rsquo;AINS seuls (par rapport \u00e0 l\u2019absence d\u2019utilisation) et avec une contraception \u00e0 haut risque\/\u00e0 risque mod\u00e9r\u00e9 + AINS (par rapport \u00e0 la contraception seule).<\/p>\n<div class='detailed-content'>\n<p>* Les \u00ab femmes en bonne sant\u00e9 \u00bb ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies comme des femmes sans ant\u00e9c\u00e9dents de : maladies cardiovasculaires&#x002C; diab\u00e8te&#x002C; maladie h\u00e9patique&#x002C; maladie r\u00e9nale chronique&#x002C; endom\u00e9triose&#x002C; syndrome des ovaires polykystiques&#x002C; migraine&#x002C; troubles musculo-squelettiques&#x002C; cancer&#x002C; thrombophilie&#x002C; prise d\u2019anticoagulants&#x002C; troubles thyro\u00efdiens&#x002C; prise d\u2019acide tranexamique&#x002C; hyst\u00e9rectomie&#x002C; ovariectomie bilat\u00e9rale&#x002C; hormonoth\u00e9rapie ou traitement de la fertilit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<h2>Limites de l\u2019\u00e9tude<\/h2>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude observationnelle&#x002C; ce qui ne permet pas d\u2019exclure tout biais ou facteur de confusion r\u00e9siduel. La correction des effets du tabagisme et de l\u2019IMC&#x002C; deux facteurs de risque connus de TEV&#x002C; a \u00e9t\u00e9 rendue difficile car ces informations faisaient d\u00e9faut pour la majeure partie de la p\u00e9riode de suivi des participantes. De plus&#x002C; nous ne savons pas si les femmes qui ont retir\u00e9 l\u2019AINS prescrit en pharmacie l\u2019ont effectivement pris. Les donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019achat d\u2019AINS en vente libre (c\u2019est-\u00e0-dire sans ordonnance) n\u2019\u00e9taient pas disponibles dans la base de donn\u00e9es danoise&#x002C; mais \u2013 sur la base d\u2019\u00e9tudes ant\u00e9rieures \u2013 les auteurs affirment que cela n\u2019influence gu\u00e8re les r\u00e9sultats des \u00e9tudes portant sur le lien entre la prise d\u2019AINS et les effets sur la sant\u00e9.<\/p>\n<p>Selon un commentaire publi\u00e9 dans l\u2019<i>ACP Journal Club<\/i>&#x002C; un biais de confusion par indication ne peut pas non plus \u00eatre exclu : l\u2019association entre la prise d\u2019AINS et les TEV pourrait r\u00e9sulter de l\u2019affection sous-jacente pour laquelle l\u2019AINS a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 (par exemple&#x002C; la douleur li\u00e9e \u00e0 une affection inflammatoire qui&#x002C; en soi&#x002C; augmente le risque de TEV).<span class='folia-referentie-note'>4<\/span><\/p>\n<h2>Commentaire du CBIP<\/h2>\n<p>La thromboembolie veineuse est un effet ind\u00e9sirable rare&#x002C; mais potentiellement tr\u00e8s grave&#x002C; voire mortel&#x002C; associ\u00e9 \u00e0 <strong>certains contraceptifs hormonaux.<\/strong> Cette \u00e9tude men\u00e9e aupr\u00e8s de femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er montre \u00e9galement une <strong>augmentation de l\u2019incidence des TEV li\u00e9e \u00e0 la prise d\u2019AINS.<\/strong> L\u2019augmentation du risque avec les AINS \u00e9tait plus importante que celle observ\u00e9e dans la m\u00e9ta-analyse de 2015.<span class='folia-referentie-note'>1<\/span> Cela pourrait s\u2019expliquer par le faible risque de base des femmes participant \u00e0 l\u2019\u00e9tude discut\u00e9e ici. La mise en \u00e9vidence d\u2019un lien entre la prise d\u2019AINS et le risque de TEV constitue un signal important. Des recherches suppl\u00e9mentaires sur la causalit\u00e9 et le m\u00e9canisme restent n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux r\u00e9sultats de cette \u00e9tude est <strong>l\u2019augmentation de l\u2019incidence des TEV en cas d\u2019utilisation simultan\u00e9e d\u2019une contraception hormonale et d\u2019un AINS&#x002C; surtout avec les <\/strong><a href='#hri'><strong><u>contraceptifs \u00e0 haut risque<\/u><\/strong><\/a><strong>.<\/strong> Cette augmentation du risque est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab <strong>synergique<\/strong> \u00bb: elle est sup\u00e9rieure \u00e0 la simple somme des risques li\u00e9s respectivement aux AINS et \u00e0 la contraception hormonale pris s\u00e9par\u00e9ment.<\/p>\n<p>Selon l\u2019\u00e9tude&#x002C; le risque absolu de TEV au cours de la premi\u00e8re semaine suivant le d\u00e9but du traitement par AINS reste faible&#x002C; m\u00eame chez les femmes utilisant des contraceptifs \u00e0 haut risque (23 \u00e9v\u00e9nements suppl\u00e9mentaires pour 100 000 femmes). L\u2019augmentation du risque est toutefois <strong>significative au niveau de la population<\/strong>&#x002C; \u00e9tant donn\u00e9 que les jeunes femmes utilisent souvent simultan\u00e9ment des AINS et des contraceptifs hormonau.<span class='folia-referentie-note'>3<\/span><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les limites de l\u2019\u00e9tude&#x002C; sa port\u00e9e nationale et l\u2019augmentation manifeste du risque de TEV justifient qu\u2019une certaine prudence soit de mise en cas d\u2019utilisation simultan\u00e9e d\u2019une contraception hormonale et d\u2019un AINS.<span class='folia-referentie-note'>4&#x002C;5<\/span> L\u2019auteur de l\u2019\u00e9ditorial correspondant<span class='folia-referentie-note'>3<\/span> conclut qu\u2019il vaut mieux envisager une alternative aux AINS pour le traitement de la douleur chez les femmes utilisant une contraception hormonale. Lorsqu&rsquo;un AINS est n\u00e9cessaire&#x002C; l\u2019auteur estime qu&rsquo;il vaut mieux opter pour un AINS autre que le diclof\u00e9nac. Chez toutes les femmes&#x002C; une contraception \u00e0 risque faible ou nul telle que st\u00e9rilet au cuivre ou au l\u00e9vonorgestrel&#x002C; implant&#x002C; progestatif oral est pr\u00e9f\u00e9rable (voir <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5306'>R\u00e9pertoire 6.2. Contraception<\/a>). C&rsquo;est d&rsquo;autant plus important si on sait que la femme utilise des AINS.<span class='folia-referentie-note'>3<\/span><\/p>\n<p><strong>Conclusion:<\/strong> lorsque l\u2019on aborde le risque limit\u00e9&#x002C; mais r\u00e9el&#x002C; de TEV chez les femmes utilisant une contraception hormonale&#x002C; il convient de mentionner que la prise concomitante d\u2019AINS peut encore accro\u00eetre ce risque. Cette augmentation du risque est la plus marqu\u00e9e chez les femmes utilisant <a href='#hri'><u>une contraception \u00e0 haut risque<\/u><\/a>&#x002C; et elle est potentiellement plus importante avec le diclof\u00e9nac qu\u2019avec d\u2019autres AINS. Il est important d\u2019informer les femmes des <a href='https:\/\/www.afmps.be\/sites\/default\/files\/downloads\/Informations%20pour%20le%20patient_CHCs%20BE%20final%20printing_Art31.pdf'><u>sympt\u00f4mes cliniques<\/u><\/a> qui doivent les inciter \u00e0 consulter rapidement un m\u00e9decin.<br \/>\u00a0<\/p>\n<h2>Noms des sp\u00e9cialit\u00e9s concern\u00e9es:<\/h2>\n<ul>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Contraceptifs:<\/span>\n<ul>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Estroprogestatifs oraux \u00e0 usage contraceptif: voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5322'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Estroprogestatifs transdermiques \u00e0 usage contraceptif: voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5405'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Estroprogestatifs vaginaux \u00e0 usage contraceptif: voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5421'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Progestatifs \u00e0 usage contraceptif: voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=5447'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>Dispositifs intra-ut\u00e9rins (DIU): voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/7?frag=20768'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li><span class='folia-referentie-tekst'>AINS (usage syst\u00e9mique): voir le <\/span><a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/chapters\/10?frag=6775'><span class='folia-referentie-tekst'><u>R\u00e9pertoire<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<h2><span style='color:#00A547;'><span style='font-size:12.0pt;line-height:150%;' lang='FR-BE'>Sources<\/span><\/span><\/h2>\n<p><span class='folia-referentie-nummer'>1.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Ungprasert P et al. Non-steroidal anti-inflammatory drugs and risk of venous thromboembolism: a \u00a0systematic review and meta-analysis. Rheumatology 2015;54:736742 (<\/span><a href='https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/25252703\/'><span class='folia-referentie-tekst'><u>doi:10.1093\/rheumatology\/keu408<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>).<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer'>2.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Meaidi A&#x002C; Mascolo A&#x002C; Sessa M et al. Venous thromboembolism with use of hormonal contraception and non-steroidal anti-inflammatory drugs: nationwide cohort study. BMJ2023;382:e074450 (<\/span><a href='https:\/\/www.bmj.com\/content\/382\/bmj-2022-074450.long'><span class='folia-referentie-tekst'><u>doi:10.1136\/bmj-2022-074450<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>).<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer'>3.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Schmidt M. Editorial. NSAIDs&#x002C; hormonal contraception&#x002C; and venous thromboembolism. A harmful drug interaction that deserves more attention. BMJ 2023;382:p1990 (<\/span><a href='https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.p1990'><span class='folia-referentie-tekst'><u>doi: https:\/\/doi.org\/10.1136\/bmj.p1990<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>).<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer'>4.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>Parks A.L. en Stevens S.M.. NSAIDs and hormonal contraceptives are linked to VTE in women with no previous thrombotic disease. ACP Journal club in Annals of Internal Medicine 2023;172 (<\/span><a href='https:\/\/www.acpjournals.org\/doi\/10.7326\/J23-0099'><span class='folia-referentie-tekst'><u>doi:10.7326\/J23-0099<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>).<\/span><br \/><span class='folia-referentie-nummer'>5.<\/span> <span class='folia-referentie-tekst'>The College of Sexual &#038; Reproductive Healthcare (CoSRH). FSRH CEU Statement: Response to new study by Meaidi et al (2023) Venous thromboembolism with use of hormonal contraception and non-steroidal anti-inflammatory drugs: nationwide cohort study. Cliquez <\/span><a href='https:\/\/www.cosrh.org\/Public\/News\/Articles\/FSRH-CEU-Statement-Response-to-new-study-by-Meaidi-et-al--2023--.aspx'><span class='folia-referentie-tekst'><u>ici<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>. Pour le \u201cfull statement\u201d (pdf)&#x002C; cliquez <\/span><a href='https:\/\/www.cosrh.org\/Common\/Uploaded%20files\/documents\/fsrh-ceu-statement-response-to-meaidi-et-al-2023-.pdf'><span class='folia-referentie-tekst'><u>ici<\/u><\/span><\/a><span class='folia-referentie-tekst'>.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le risque de thromboembolie veineuse (TEV) associ\u00e9 aux contraceptifs estroprogestatifs  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,20356],"tags":[20213],"class_list":["post-191442","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-2026-fr","tag-import_tags"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/191442","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=191442"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/191442\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=191442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=191442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=191442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}