[Déjà paru dans la rubrique "Bon à savoir" sur notre site Web le 06/03/18]
Le 6 mars 2018, les autorités fédérales lancent une nouvelle campagne d’information sur les risques nucléaires. L’objectif de cette campagne est d’expliquer à la population en quoi consiste ce risque, quelles sont les mesures prises par les autorités pour limiter au maximum ce risque, et ce qu’une personne peut faire pour se protéger autant que possible en cas d’accident nucléaire. Parallèlement, les autorités compétentes ont décidé d’organiser à nouveau la distribution de comprimés d'iode stable (c.-à-d. non radioactif) (65 mg d’iodure de potassium par comprimé) aux groupes les plus sensibles.
En cas d’accident nucléaire, de l’iode radioactif se libère et est accumulé dans la glande thyroïde, ce qui peut provoquer le développement d’un cancer de la thyroïde ; en administrant de l’iodure de potassium à doses élevées, on peut empêcher l’absorption d’iode radioactif dans la glande thyroïde, en espérant réduire ainsi le risque de cancer de la thyroïde. Afin de veiller à ce que des doses élevées d’iodure de potassium puissent être prises en cas d’accident nucléaire dès que les autorités en donnent le signal (jamais de sa propre initiative !), les groupes sensibles doivent avoir des comprimés d’iodure de potassium à leur disposition chez eux. Suite aux leçons tirées des exercices menés ces dernières années, de la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 et des nouvelles recommandations nationales/internationales en la matière, un nouveau plan national d’urgence nucléaire élargit désormais la zone de distribution des comprimés d’iodure de potassium jusqu’à 100 km autour des sites nucléaires, c.-à-d. l’ensemble du territoire belge. Pour la distribution de ces comprimés, on distingue toutefois d’un côté les zones dites "de planification d’urgence" (dans un rayon de 20 km autour de Doel, Tihange, Chooz, Mol-Dessel, Borssele, ou de 10 km autour de Fleurus), et de l’autre, les régions situées en dehors de ces zones.
Pour des informations utiles, notamment concernant les groupes les plus sensibles, ainsi que des informations pratiques pour commander, stocker, délivrer et enregistrer les comprimés d’iode, nous renvoyons au site Web www.risquenucleaire.be et aux sources mentionnées en fin d’article.1-5
Les autorités compétentes organiseront des séances d’information auxquelles seront invités les pharmaciens, médecins généralistes, gynécologues et directeurs d’école des zones de planification d’urgence.
Le CBIP souhaite rappeler les aspects suivants concernant l’utilisation d’iode à doses élevées.
1 www.risquenucleaire.be
2 Information de l’AFMPS: courrier du 13/02/18 adressé aux pharmaciens d’officines ouvertes au public: FR, allemand
3 Information de l’OPHACO: circulaire du 20/02/18 adressée aux pharmaciens: FR
4 La notice pour le public concernant les comprimés d’iode peut être consultée ici
5 Une brochure destinée au public peut être consultée ici: FR, allemand
6 Accidents nucléaires, environnement et santé à l’ère post-Fukushima – Partie I: Protection de la thyroïde (mars 2015) (CSS 9275). Sur https://www.hgr-css.be/fr/avis/9275/thyroide